Lomé-Dakar (2003)


Le 20 mai 2003, Augustin, Géraldine et Rémi arrivent à Lomé. Leur destination Dakar, en triplette, pour faire découvrir Eticca, tout au long de leur voyage, qui ouvrira ses portes au Sénégal à la rentrée 2003.

afrique_ouest

Voici le récit du début de leurs aventures :

Arrivée à Lomé le 28 mai, … transpiration à grosses gouttes d’eau à la sortie de l’avion, on est dans le sauna de l’Afrique. L’aventure peut commencer, enfin presque puisque la triplette n’est pas là, mais « y a pas de problème, elle va arriver » nous dit-on. Logement pendant 4 jours chez une famille d’expatriés. Par leur biais nous avons rencontré beaucoup d’autres personnes installées au Togo. Ce fut l’occasion de percevoir un peu mieux les logiques du continent et de recevoir plein de précieux conseils. C’était la période électorale, Eyadema en place depuis 37 ans avait promis de ne pas se représenter, mais il est encore là … Pour l’instant pas d’agitation. La triplette est arrivée 4 jours après l’équipe à Lomé, ce qui nous a permis de nous reposer et de prendre contact avec la population : balade sur le marché, vendeurs de rue un peu partout, beaucoup de mobylettes.

Première étape Lomé-Cotonou : 160 kms en 5 h 30, de quoi nous mettre « en jambes ». Bon décrassage pour un départ et bons coups de soleil aussi. La triplette a un succès monstre, nous sommes les « Yovos » (les blancs). Tout le monde rigole, s’étonne et nous invite à s’arrêter. L’arrivée à Cotonou fut épique : jamais vu autant de circulation, de pollution et si peu de code de la route : Augustin est maître de la conduite, et Géraldine et Rémi font la circulation. Les membres d’une association de tourisme équitable nous ont assuré logement et nourriture et également ouvert beaucoup de portes auprès des autorités, des médias et des établissements scolaires pour faire connaître l’école Eticca.logo L’accueil est très chaleureux, les rencontres intéressantes, un contact avec le directeur de cabinet du premier ministre, le secrétaire général de la chambre de commerce et d’industrie, on est passé au journal de 20 h et fait la une d’un quotidien national. Autant en profiter, ça n’arrivera peut-être qu’une fois dans la vie ! La présentation de l’école Eticca a rencontré un vif succès : les jeunes béninois sont avides de diplômes. Ces étudiants cherchent à aller en Europe, mais le problème des visas se pose. Une école comme Eticca située à Dakar apparaît comme absolument nécessaire si l’on en croit les béninois rencontrés. Suite à notre interview télévisé au journal de 20 h certains jeunes nous ont reconnus et interpellés dans la rue pour obtenir d’avantage d’informations sur l’école. La triplette semble être un moyen idéal d’accrocher !

Départ de Cotonou … à peine sortis de la capitale, on expérimente déjà la caisse à outils pour changer un axe de pédalier cassé net. Les assistants en mécanique sont nombreux à postuler et la main d’oeuvre très impliquée … Sur la route, tout le monde nous salue, lève la pioche, se tord de rire, nous court après ou suit en vélo. On ne nous arrête même pas aux barrages routiers. C’est génial, sauf quand l’équipe devient victime du succès de la triplette : tout un village pour regarder manger trois blancs en sueur et déconfis, c’est parfois un peu trop ! C’est certes frustrant de se cantonner aux rencontres trop éphémères de queques poses dans la journée, on préfère les haltes le soir dans les villages, dans des associations, des missions. Là on parle, on échange, on apprend, on se brûle les doigts en mangeant avec la main droite du riz trop chand à la chaude d’arachide un peu pimentée. Le cœur du voyage pourrait tenir dans ces rencontres d’une soirée et d’un au revoir le matin à la fraîche, mais il y a aussi les paysages reverdis par les premières pluies, un petit gazon tout vert qui cache des étendues qui s’assèchent au fur et à mesure de notre progression vers le nord.

 On remonte par le Bénin, la route de l’ouest : Houegbo (accueil par le chef du village), Dassa, Bante, (accueil par l’adjoint au maire et le directeur de l’école), Bassila, Kopargo, Tanguietta, puis passage au Burkina-Faso à Pâma (rencontre avec le secrétaire général du haut commissariat), à Fada.

A Koupela : rencontre avec l’association d’ handicapés qui depuis 30 ans fait vivre 50 personnes à travers une pharmacie, un centre de soin, de l’artisanat, de la soudure et monte de nouveaux projets dont le prochain consistera à réparer les vélos d’occasion collectés à Villeurbanne, conditionnés par des jeunes en démarche d’insertion, acheminés au Burkina-Faso, remis en état dans les ateliers de Koupela par les handicapés, puis revendus.. Tout s’enchaîne parfaitement même les pépins qui sont toujours accompagnés d’un fantastique coup de bol. réédition de la casse de notre pédalier, sans deuxième pièce de rechange en stock pour nous permettre de repartir. Heureusement l’entreprise Colas est là pour faire avancer (« avec Colas la route avance »), accueil et assistance dans faille, réparation de fortune faite des deux axes de pédaliers cassés, coupés et ressoudés ! à Lyon, la logistique est en place : la matériel nécessaire est acheté chez Folis, un contact pris avec une société de transport qui travaille pour Colas, et tout est acheminé en 8 jours sur Ouagadougou, où nous trouvons les axes de pédalier à notre arrivée, deuxième ennui : le cadre de la triplette est fendu … mais on vient de rencontrer sur la route, un couple en vélo : Marc et Julie, partis un an à travers l’Afrique de l’Ouest. Marc est fabriquant de cadres de vélo. Les doigts de Marc dans les ateliers de Colas réussiront à ressouder la raison d’être de notre voyage… Malaussène, notre triplette.

Le Burkina-Faso est le deuxième royaume du vélo après la Hollande : le deux roues est peut-être un moyen de développement pour ce pays : pas cher à l’achat, pas cher à l’entretien, non polluant, pas encombrant et idéal pour tout types de déplacements. Reste à vivre maintenant la deuxième partie du voyage et de notre aventure, mais nous avons déjà atteints certains des objectifs que nous nous étions fixés et nous découvrons la vie en équipe et la solidarité. Quelqu’un nous a dit : « C’est ça, l’Afrique« .

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2 Réponses to “Lomé-Dakar (2003)”

  1. alioune 05/11/2009 à 22:45 #

    waaaaaaaaaaw pluto passionant comme aventure . vive eticca pour la rentrée 2009 . Je participe egalement a l’echange de cette année .Alors le ton est donné. Pour marine jesper k ta trouvé1 logement sinon je peux ten proposer pas loin de l-ecole avec vue sur mer tu peux me joindre au 00221776250316

  2. Marine 19/10/2009 à 22:14 #

    Tout simplement génial ! Je participe à l’échange Eticca cette année, départ dans une semaine! Tous ces récits me donnent envie de retourner en Afrique décidément.

    Bonne route à vous 3!

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